La redevance SSR est devenue un impôt

Je n’ai jamais eu de problème avec l’existence d’un service public audiovisuel. J’en ai un avec sa redevance.

Présentée comme telle, la contribution radio-TV s’est progressivement transformée en un prélèvement obligatoire généralisé, sans lien avec l’usage, et de plus en plus proche d’un impôt.

Pour les particuliers, la charge est connue.

Pour les indépendants et les PME, elle est devenue une évidence pernicieuse : toute activité économique un peu structurée finance désormais un groupe audiovisuel public, qu’elle consomme ou non ses programmes, en fonction de son chiffre d’affaires.

Les petites structures en sont dispensées. Mais dès qu’une activité atteint une certaine taille, la contribution devient obligatoire. Une étude d’avocats, un cabinet médical, une fiduciaire, un bureau d’ingénieurs ou une PME industrielle financent ainsi un acteur médiatique dont l’existence n’entretient souvent aucun lien avec leur activité.

Le lien entre contribution et service a disparu.

Il ne subsiste qu’un prélèvement.

On peut défendre l’existence d’un service public audiovisuel. On peut défendre son financement collectif. Mais encore faut-il que ce financement reste proportionné et compréhensible.

La SSR n’est plus aujourd’hui un acteur modeste chargé d’assurer une mission de base. Elle est devenue un groupe médiatique dominant, présent sur tous les supports, intervenant dans l’ensemble du champ audiovisuel et numérique, et financé par une contribution obligatoire parmi les plus élevées au monde.

Toute remise en question de ce financement déclenche immédiatement des réactions outrées, notamment de la part de ceux qui en vivent, comme si l’ajustement d’un montant équivalait à une attaque contre la démocratie elle-même.

Cette nervosité dit quelque chose.

Lorsqu’une institution financée par un prélèvement obligatoire ne supporte plus d’être discutée, ce n’est pas sa survie qui est menacée. C’est sa légitimité.

Le vote du 8 mars ne porte pas seulement sur un montant. Il porte sur une limite, celle au-delà de laquelle une contribution cesse d’être comprise comme légitime.

Ramener la redevance à CHF 200.– ne supprimera pas la SSR. Même à ce niveau, elle restera l’un des groupes audiovisuels publics les mieux financés d’Europe. En revanche, cette réduction rappellera une évidence trop souvent oubliée : un service public financé par des contributions obligatoires doit rester mesuré dans ses ambitions comme dans ses moyens.

Un service public qui ne connaît plus de limites finit par perdre sa justification.

Le 8 mars, je voterai oui.

Parce qu’un prélèvement obligatoire qui ne supporte plus d’être remis en question n’est plus une redevance. C’est un impôt


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